Il y a [timer], depuis le début des arrestations arbitraires de grande ampleur à Goma et à Bukavu

Publié ce: 29 juillet 2013

RDCongo : Mise sous-tutelle de l’ONU et/ou balkanisation quelle panacée ?

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Chapeau : La situation militaro-sociopolitique actuelle de la RDC est telle qu’il faut des profondes reformes, tout étant à recommencer ou presque. Dès lors en 1955, le belge Van Bilsen avait initié un plan dit – le Plan Van Bilsen – qui proposait 30 ans de préparation de l’élite congolaise avant d’accéder à l’indépendance. Présentement, d’aucuns parlent de non gouvernance dans ce pays dit « scandale géologique ». La communauté Internationale peut-elle trouver une solution durable en RDC ?

La résolution-innovation 2098 votée par le conseil de sécurité des Nations unies est une énième nouveauté parmi tant d’autres qui ont montré qu’en RDC pas mal des procédés, d’aphorismes et des scenarii sont restés vains. Formule de gouvernance 1+4, mission de maintient de la paix la plus coûteuse de la planète MONUC (mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo) devenue par soucis de vouloir toujours innover MONUSCO (mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo), Accord du 23 mars, Accord-cadre d’Addis-Abeba, Négociations à Kampala et enfin Brigade d’Intervention Spéciale; des cocktails permettant d’aucuns de qualifier la RDC comme un cobaye politique ou un état à souveraineté limitée.

En effet, force et de constater malheureusement que depuis son accession à l’indépendance le Congo-Belge n’a jamais eu une armée digne de ce nom pour gagner aucune guerre, ni maintenir une plénitude de la paix dans le pays. Tenez !

Déjà, en 1960 au moment de l’indépendance 20 000 casques bleus y ont été envoyé afin d’éviter son éclatement. Le secrétaire général des Nations Unies de l’époque, le Suédois Dag Hammarskjöld y laissa sa peau dans des circonstances assez opaques et non élucidées jusqu’à ce jour.

En 1964, lors de la rébellion Muleliste, l’Armée Nationale Congolaise (ANC) fut incapable de combattre les guérilleros Simba dans la plaine de la Ruzizi au Sud-Kivu. À la demande du général Mobutu, des officiers de l’armée américaine aideront pour stopper cette guérilla qui menaçait de prendre la ville de Bukavu. Laurent Désiré Kabila y maintiendra une rébellion jusque vers les années 1990.

Ensuite, lors de la première guerre du Shaba de 1977, menée par le Front National de Libération du Congo (FLNC), celle-ci pris fin lorsque sur l’appel lancé par Mobutu, 1 500 hommes de troupes marocaines, aéroportés par les avions du gouvernement français, ont repoussé les rebelles.

L’année suivante, en 1978, durant la deuxième guerre du Shaba dite « guerre de six jours » menée par les troupes du même FLNC, séparatistes katangais, Mobutu demanda l’assistance des forces militaires françaises et belges pour venir repousser l’invasion. Ce qui fut fait !

Ultérieurement, lors de la guerre dite de « libération », en 1996, Mobutu a fait bon d’amener les mercenaires de l’Europe de l’Est (Serbes et Croates) sous le commandement du fameux Bob Denard belge Christian Tavernier, mais ils n’ont pas empêché les Kadogo (enfants soldats) de l’Alliance de Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) de prendre la ville de Kisangani et de continuer leur odyssée jusqu’à Kinshasa, bien que les troupes de l’UNITA de Savimbi avaient basé leur dernier verrou sur le pont Kenge à la porte d’entrée de Kinshasa.
De même en 1998, lors de la deuxième guerre qu’on nomma « la Première Guerre continentale africaine », pour avoir aligner 11 armées de 11 pays d’Afrique ayant de soutiens occidentaux, il a fallu l’intervention des troupes de sept pays aux cotés de l’armée congolaise pour sauver le régime de Laurent Désiré Kabila.

Avec 17 090 Casques Bleues de la MONUSCO déployés par 59 états et plus de 50 résolutions du conseil de sécurité des Nations Unies signées depuis 1999 et un budget colossal de 1 347 588 800 US$ l’insécurité dans la RDC n’a fléchi d’aucun iota depuis le départ de l’homme à la toque du léopard, l’aigle du Kawele qui volait plus loin où la bave du crapaud ne pouvait l’atteindre, le Marechal Mobutu.

Dans un territoire aussi immense et devant des milices hétéroclites aussi aguerries, certaines d’entre-elles n’ayant rien à sauver, on ne sait pas par quelles baguettes magiques les 3 069 Casques Bleues de la Brigade d’Intervention Spéciale feront des miracles. C’est un leurre selon esprits nobles, alors les appels à la négociation sont balayés d’un revers de la main par les esprits lilliputiens.

La situation est telle qu’il faut une refondation, l’on ne parlerait pas d’une recolonisation, ni d’une mise sous-tutelle des nations unies et/ou d’une balkanisation. Toutefois, on ne sait pas quel panachage de panacée permettra d’aider à former une armée républicaine que le gouvernement de Joseph Kabila Kabange n’a pas été à mesure de concocter durant ses plus de 10 années de règne. On en est encore très loin.
S’agissant de la recolonisation, en 2009 un belge ayant voulu restait anonyme en utilisant les initiaux d’A.V.B comme noms (pour des raisons de sécurité probablement) avait déclaré, que : «l’indépendance en 1960 était une mauvaise opération pour les congolais. Ils n’étaient pas préparés pour cela. La nouvelle colonisation, si elle a lieu, devra encore durer 100 ans ou plus car tout est à refaire. Il faudra commencer par changer les mentalités. Le système actuel fait que les dirigeants congolais sont tous comme des débiles mentaux car ils ne peuvent pas réfléchir par eux-mêmes et, pour tout, ils ne comptent que sur la charité internationale, y compris pour vivre et développer leur pays. Raison pour laquelle ils sont prêts à se faire diriger par des étrangers (belges, américains, grecs ou autres). Ils doivent être dirigés par des étrangers car ils sont en effet incapables de se prendre en charge. La colonisation les avait infantilisés à l’extrême. Ils sont restés à ce stade de sous-développement psychologique avec les conséquences économiques, politiques et sociales que vous connaissez. L’ONU et l’Union Européenne doivent rester au Congo pour encore 20 à 30 ans pour bien faire les choses ».

Il terminant en se justifiant que : « pour être né au Congo et y avoir vécu pendant plus de deux décennies, je crois avoir le droit de dire tout haut ce que je pense sur ce pays et ses habitants. Mes parents y ont passé toute leur vie adulte. Ils ont contribué au progrès qu’a connu le Congo-Zaïre durant la belle époque. C’est aussi mon pays et ça fait mal de le voir se désintégrer ainsi ».
http://www.africatime.com/rdc/nouvelle.asp?UrlRecherche=archives.asp%3Frech%3D1%26no_pays%3D55%26no_categorie%3D%26keyword%3D%26BtnGo.x%3D7%26IsPanafricain%3D0%26IsAfrique%3D&no_nouvelle=331420
Un autre congolais, lui, d’origine, Dr. Malonga Miatundila avait reconnu que : « Oui, le sieur A.V.D a un peu raison. Oui, la plupart des structures qui fonctionnent au Congo ont été construites avant 1960. A Kinshasa, par exemple, nos dirigeants successifs se sont contentés de débaptiser et rebaptiser les Avenues Albert 1er, Princesse Josephine Charlotte. Prince Baudouin, Valcke, Tombeur de Tabora et autres au lieu de construire de nouvelles routes macadamisées. Oui, trop de nos sœurs et surtout de nos frères sont des fainéants, des incapables, des égoïstes, des vantards et des éternels mendiants. Il suffit d’observer les mandataires publics. Il suffit d’évaluer l’extension de la SOPEKA (sombela ngai « paie pour moi ceci ou cela »; pesa ngai « donne-moi ceci ou cela »; kabela ngai « fait moi un tel ou untel cadeau ». Sinon comment expliquer le paradoxe d’un pays aux ressources naturelles et humaines “scandaleuses” et où les enfants meurent de malnutrition et les poissons de vieillesse. Sinon comment expliquer que nos ingénieurs et nos médecins brillent de mille feux en Afrique australe et ailleurs et qu’ils sont incapables de doter leur pays de structures fonctionnelles.
Est-ce une faute de se poser ces questions ou est-ce un devoir ou est-ce un droit ? Les Nations Unies peuvent-elles trouver cette recette magique pour sauver la RDC de cette désagrégation ? Le peuple congolais peut-il se faire violence et faire un sursaut enfin de sortir de ce carcan ? A cette dernière question nous croyons que ceci prendra encore du temps pour enclin ce patriotisme. Sans ce patriotisme le pays finira par se balkaniser.
RUMENGE Nt. Alain, M. SC.
Professeur Chargé des cours